L’éducation bienveillante, une évidence ?

Soho Hana - L'éducation bienveillante, une évidence

L’éducation bienveillante était loin d’être une évidence pour moi. J’ai reçu une éducation plutôt classique, avec beaucoup d’amour, mais également avec son lot de violences éducatives ordinaires et d’adultisme. 

Je n’en tiens nullement rigueur à mes parents, qui ont fait de leur mieux avec les outils et les connaissances qu’ils avaient à l’époque. Lorsque je compare mon enfance avec la leur, je réalise qu’ils ont déjà fait un grand pas en avant en terme d’éducation. 

Et à vrai dire, j’ai longtemps imaginé élever mes enfants sur le même modèle, convaincue que ces pratiques, même si elles étaient parfois dures, étaient ce qui était le mieux pour “forger le caractère”. Après tout, nous sommes une fratrie de trois, et nous sommes tous épanouis. Nous avons reçu la même éducation, et nous nous en sommes bien sortis dans la vie. 

Et puis un jour, ma vie a basculée. Burn-out, dépression, cette période sombre a été une véritable épreuve. J’ai mis du temps à me reconstruire, mais j’ai tellement appris sur moi-même. J’ai découvert des ressources insoupçonnées, j’ai renoué avec l’enfant que j’avais été, et surtout j’ai commencé à croire en mon instinct. Et clairement, celui-ci me disait qu’il existait d’autres méthodes pour aider ce petit être, qui faisait petit à petit sa place dans mon ventre, à grandir et à s’épanouir. 

J’ai commencé à me renseigner, à lire des livres, et ce fût une révélation. J’ai pris conscience au fil des pages que le cerveau d’un bébé n’était pas mature et se construisait petit à petit pendant ses premières années. Une évidence me direz-vous ? Aujourd’hui certes.  Mais à l’époque, c’était comme tout voir avec une nouvelle perspective. Les émotions, les ressentis, les rapports avec l’autre, j’avais envie de comprendre. J’avais besoin de comprendre. Je me suis questionnée, je me suis beaucoup remise en question, et je continue de le faire quotidiennement aujourd’hui. Et j’ai compris que pour ma part, le rôle de maman était loin d’être inné, et que j’avais énormément de choses à découvrir et à apprendre. Mais une chose était sûre : je voulais que mon bébé soit épanoui, un petit garçon bien dans sa peau, qui ait confiance en lui. 

Et pourtant, encore aujourd’hui, je suis loin d’être une maman parfaite. J’ai déjà mis mon fils au coin face à une situation dans laquelle je me sentais démunie.  Je manque parfois de patience, je m’énerve, je hausse le ton. Mais je demande pardon quand la situation dérape, quand je n’arrive plus moi-même à contrôler ce trop-plein d’émotion qui me submerge. Et c’est d’ailleurs après ces moment que je réalise à quel point E doit parfois se sentir démuni du haut de ses deux ans, quand tout est trop ou pas assez. 

Comment pourrais-je apprendre à mes enfants que la violence n’est pas une solution, si je l’utilisais moi-même ? Alors oui, je prône le dialogue, le respect, la tolérance envers ces petits êtres qui voient le monde à travers leur prisme d’enfants. Je fais preuve de patience et d’écoute envers eux, qui n’ont parfois pas les mots pour expliquer ce qu’ils ressentent, ou qui ne peuvent tout simplement pas encore s’exprimer. Je sais que certains ne comprennent pas. Je suis parfois la maman trop laxiste qui fera de ses enfants des enfants rois. Ou la maman qui, du fait de ma profession, peut se permettre de prendre le temps d’appliquer ces méthodes. Je ne suis pas certaine que frapper un enfant, le rabaisser ou l’isoler, fasse réellement gagner du temps. Et peu importe, car la violence, qu’elle soit physique ou verbale, n’a pas sa place dans notre famille. 

Parfois c’est épuisant. De se répéter sans arrêt. D’avoir l’impression de parler dans le vent. Heureusement, nous sommes deux, et quand l’un se sent à deux doigts de craquer, il peut passer le relais. 

Mais quoiqu’il en soit, quand j’observe aujourd’hui mon petit garçon, je suis fière de cet enfant plein de vie, bienveillant, à l’écoute des autres, et toujours prêt à aider. Qui va chercher une couverture pour son grand-père quand il dort sur le canapé, ou qui accepte sans hésiter de prêter sa bouée à son cousin qui a peur de se baigner dans la piscine.

Peut-être que tout ça n’a rien à voir avec l’éducation bienveillante que nous essayons de mettre en place à la maison. Peut-être que ça a tout à voir. 

Mais le plus important, c’est que nous soyons en accord avec nos valeurs, avec celles que vous souhaitons transmettre à nos enfants. 

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