Soho Hana - Première semaine de confinement, au bord de la rupture

Je pourrais vous tirer un tableau positif de cette première semaine de confinement, ne garder que les bons moments. Mais la réalité est tout autre. La réalité, c’est que cette première semaine a été vraiment éprouvante, et pour tout le monde dans notre petite famille. 

Même si je m’étais quelque peu préparée à vivre cet événement si particulier, je dois avouer que ce fût un véritable tsunami. Se retrouver tous les quatre à la maison, l’Homme en télétravail à 100%, moi en congé pathologique, tout cela été particulièrement éprouvant. 

Il faut dire que dès lundi, Little A et Little E ont été malades tous les deux. Alors la question ne s’est pas posée une seule seconde : pas de nounou. Je les ai gardé tous les deux au chaud à la maison. Et au vu de la situation actuelle, c’est ce que je ferai pendant toute la période de confinement, même si aujourd’hui ils vont beaucoup mieux. 

Mais voilà, notre famille fait partie du “trou dans la raquette”, comme beaucoup d’autres malheureusement. Ceux qui ont des enfants en bas âge non scolarisés, et qui ne peuvent donc pas bénéficier d’un arrêt de travail pour s’en occuper à la maison. Alors nous faisons au mieux. En espérant tenir le coup, tous les deux. 

La situation n’a pas été facile à vivre pour les enfants. Leur sommeil a été très perturbé entre la toux et la fièvre, et forcément le nôtre aussi. Et qui dit fatigue, dit crises qui se sont multipliées. Ajouter à cela la répercussion de notre propre stress, la fatigue de fin de grossesse, ainsi que la situation inédite où Papa est à la maison, mais où il ne faut pas le déranger car il travaille, et on obtient un mélange explosif. Cette semaine, nous étions ces parents que nous détestons être, ceux qui crient, qui s’énervent, qui punissent.

Je compare souvent la gestion des crises des enfants à des vases communicants. Et clairement cette semaine, nos propres vases étaient déjà pleins à raz bord, et nous étions bien incapables d’accueillir les débordements de nos deux minis Panda. 

Mais comme bien souvent, tout n’était pas noir. Un des points positifs, c’est que j’ai rapidement levé le pied. Nous avons pris le temps de respecter le rythme de chacun le matin. J’ai lâché prise sur la maison en général. Tant pis pour le linge qui traîne, et le ménage en retard. J’ai profité de chaque moment de pause pour recharger au maximum les batteries, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps ! 

Avec Little E, nous nous sommes réservés du temps chaque jour pour faire “des activités” ensemble. Alors clairement, on prend de l’avance sur l’école en septembre. Mais il adore ces petits exercices et ces coloriages, et peut rester des heures sur ses fiches. Et quand je vois les progrès qu’il a fait en une semaine, je suis à la fois admirative, et je réalise à quel point ces petits moments comptent pour lui comme pour moi. 

Nous avons également la chance d’avoir un petit jardin, qui nous a vraiment permis de souffler pendant cette semaine compliquée. Les enfants ont profité des températures douces pour prendre l’air. Little E a pu jardiner avec moi, et se défouler dehors. Et pour la première fois, il a pu jouer avec sa sœur dans sa cabane, en s’inventant toutes sortes d’histoires, sous mes yeux attendris par cette nouvelle complicité. 

Cette semaine, on était loin du “restez sur vos canapés” et autre “profitez-en pour prendre du temps pour vous”. Cette semaine, j’ai géré du mieux que j’ai pu, en puisant fortement dans mes réserves alors que le moment est plutôt mal choisi pour le faire. Mais j’ai aussi pensé très fort à tous ceux qui doivent continuer à sortir et à travailler. J’ai pensé à ma médecin qui m’a avouée avoir peur de rentrer chez elle le soir pour retrouver ses enfants. J’ai pensé à tous ces gens qui sont en train de se démener pour sauver des vies au péril de la leur. Et à tous les autres qui permettent à notre pays de continuer de tourner, même au ralenti. Et en comparaison, cette semaine devient tout d’un coup bien moins terrible. 

Cette période n’est pas simple, mais je reste confiante. Je sais que nous allons petit à petit trouver nos marques tous les quatre. Je sais que de nouvelles habitudes vont se mettre en place. 

Il y aura encore des cris et des pleurs, des moments de fatigue, mais aussi des rires, des câlins, et des moments de complicité dont on se souviendra certainement pendant longtemps ! 

Elodie

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